50 Cent ...

50 Cent ...
Des pavés à la gloire, tel est le chemin atypique suivi par le rappeur américain 50 Cent. Issu des quartiers misérables de New York, le protégé d'Eminem est aujourd'hui un artiste autant reconnu et admiré par le public, que craint et haï par le milieu.

Toujours entouré de nombreux gardes du corps qui le protègent des règlements de compte, le jeune homme n'en est pas moins un artiste public très sollicité par la jeunesse américaine puis européenne. Dans la lignée d'un Tupac Shakur (assassiné par balles en septembre 1996), d'un Puff Daddy ou autre Eminem, 50 Cent fait irrémédiablement partie intégrante du monde rap actuel.

Le Queens

Né en 1976 à New York, dans le quartier pauvre du Queens, le jeune Curtis Jackson part dans la vie avec de sérieux handicaps. Handicaps sociaux, familiaux et culturels qui déterminent d'emblée l'ensemble de sa vie. Impossible de sortir de la misère quand on est né noir, pauvre, et dans une famille décimée par la drogue et la violence.

Sa mère, Sabrina, dealer et héroïnomane, est abattue dans des circonstances troublantes. Le jeune Curtis n'a pas dix ans. Alors qu'il n'a jamais connu son père, il se retrouve orphelin et est pris en charge par ses grands-parents. Mais rien ne peut l'éloigner de la rue et de sa cruauté.

La drogue, il l'a toujours connue, et à douze ans, il deale déjà dans les rues de New York, fréquentant les gangsters les plus endurcis et séjournant régulièrement en prison. Il trouve parallèlement réconfort en la musique, le rap devenant dans la rue non seulement un moyen de communication, mais aussi une arme de défense. La joute oratoire fait partie du gang, et qui ne sait pas rapper n'est pas un véritable "bad boy". L'expérience Eminem, racontée dans son film 8 Mile, en est l'illustration parfaite.

Jam Master Jay

Alors Curtis rappe, et se révèle même très doué pour ça. Il reçoit en retour respect et confiance. A dix-sept ans, ses "mixtapes" circulent rapidement sous le manteau et envahissent la rue. Il profite aussi de nombreuses soirées de fête pour se produire en public.

Lorsqu'il a vingt ans, il fait la connaissance de Jam Master Jay, du célèbre groupe Run DMC, qui le prend sous son aile et l'introduit dans le milieu du rap. Il signe alors en 1999 sur le label Columbia, jusqu'à ce qu'un premier règlement de compte le fasse exclure de cette même maison de disques.

9 balles

Victime d'une agression et blessé de neuf balles devant la maison de ses grands-parents, en plein coeur du Queens, il s'en sort, tel un miraculé mais acquiert à tout jamais l'image d'un véritable ganster-rappeur. Jam Master Jay n'aura pas sa chance, et sera abattu dans son studio en 2002. Un nom de plus sur la longue liste des victimes du rap américain.

2000 est une année charnière dans la carrière de 50 Cent. A la sortie de Power of the Dollar, le single How to Rob devient un véritable tube. Il attire ainsi l'attention du public et des médias. Désormais sur le devant de la scène, il est très convoité par les professionnels de la chanson.

Get Rich or Die Trying

Eminem, déjà célèbre, le cite en référence dans ses entrevues et participe à sa notoriété grandissante. Les deux hommes se rencontrent et sympathisent. Leur relation devient même professionnelle puisque le rappeur blanc fait participer 50 Cent à la bande originale de son film 8 Mile. Eminem lui propose finalement, avec la participation de Dr Dre, un contrat en or sur son label Shady Records, contrat que 50 Cent ne peut refuser.

C'est sous ce label que sort en 2002 le single Wanksta, qui précède de quelques mois l'album Get Rich or Die Trying, énorme succès mondial. Parallèlement, 50 Cent participe avec Tony Yayo et Lloyd Banks à la formation du groupe G-Unit, qui sort fin 2003 un album intitulé Beg for Mercy.

Issu d'un monde cruel et misérable, 50 Cent est devenu, à force de talent et de volonté, un des rappeurs les plus médiatiques des Etats-Unis. Protégé par Eminem et Dr Dre, on projette même de faire un film et un livre retraçant sa vie tourmentée. Musicalement, le succès de son album Get Rich or Die Trying, confirme avant tout son extraordinaire capacité à produire un rap moderne, dans la lignée de ses mentors et amis. Un artiste à suivre de près, qui a déjà séduit un vaste public européen.
# Posté le jeudi 13 octobre 2005 15:45
Modifié le jeudi 14 juin 2007 02:32

Snoop Dogg ...

Snoop Dogg ...
Surnommé Snoop par sa mère, Calvin Broadus grandit à Long Beach, près de Los Angeles où il a régulièrement des ennuis avec la justice. Peu de temps après sa graduation de l'école secondaire, il se fait arrêter pour possession de cocaïne. Pendant les trois années qui suivent, il est régulièrement emprisonné. Il trouve un sens à sa vie en se réfugiant dans la musique. Snoop Dogg commence par enregistrer des démos maison avec son ami Warren G qui, par un heureux hasard, est le beau-frère de Dr. Dre qui fait alors partie de N.W.A. Warren G donne ensuite une cassette de Snoop à Dre qui est très impressionné par son style et lui offre de collaborer.

Quand Dr Dre fait une première tentative en solo, il propose à Snoop de rapper avec lui et lorsqu'il lance son premier album, « The Chronic », il l'invite à nouveau de sorte que le nom de Snoop Dogg est déjà très couru et reconnu. En 1993, il commence le travail sur « Doggystyle », son premier album. Pendant qu'il est en studio, il est arrêté relativement au meurtre d'un homme. Selon les accusations, son garde du corps aurait tiré pendant que Snoop conduisait le véhicule. Snoop plaide la légitime défense, soutenant que la victime le suivait. Après une prestation lors des MTV Music Awards en 1993, il se rend aux autorités.

Après de nombreux retards, « Doggystyle » est finalement lancé en décembre 1993 et devient le premier album de l'histoire à entrer directement au numéro un. Malgré les critiques qui décrivent le disque comme une copie de « The Chronic », l'album reste au sommet du palmarès pendant un long moment.

Pendant une tournée britannique en 1994, les journaux et un député réclament que le gouvernement expulse le rappeur du pays. Snoop reste de glace et il s'inspire même de son procès à venir pour créer un court-métrage intitulé « Murder was the case ». Pendant ce temps, « Doggystyle » atteint des ventes de quatre millions.

Snoop passe la majeure partie de 1995 à se préparer pour son procès qui a finalement lieu en 1996 et en février, il est blanchi de toutes les accusations. Il profite alors de cette période calme pour entreprendre le travail sur son second album, « The Doggfather » qui paraît en novembre 1996. Le gangsta rap est en déclin et les ventes en souffrent et n'atteignent que deux millions d'exemplaires.

Le rappeur entreprend ensuite de changer son image et participe à la tournée Lollapalooza en 1997. Il revient en 1998 avec « The game is to be sold not to be told » et suit en 1999 avec « Top Dogg » et « The last meal » en 2000. La quantité des albums entraîne une grande variété dans les produits, mais permet à Snoop de se refaire une image. En 2001, il lance une autobiographie et commence à s'intéresser au cinéma, on le voit notamment dans « Training day » avec Denzel Washington. En 2002 il offre deux albums, « Doggy style allstars : Welcome to tha house, vol. 1 » et « Paid tha cost to be da bo$$ ».
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 13 octobre 2005 15:49
Modifié le jeudi 13 octobre 2005 16:19

Dr.Dre ...

Dr.Dre ...
Andre Young, de son vrai nom, est né le 18 février 1965 sur la côte ouest américaine.
C'est au début des années 80 que le jeune homme se met à rapper dans les clubs de Los Angeles.
En 1986, il rencontre Ice Cube et commence à travailler avec lui. En 1987, il sorte leur premier album.
C'est à partir de 1992 que Dr Dre se lance dans une carrière solo et sort son premier album « The chronic » fuit d'une collaboration avec Snoop Doggy Dogg et Warren G. Puis, arrive dans les bacs « Concrete roots » en 1994. L'album est un succès.
Dr Dre se lance alors dans la production et créée le label Death Row qu'il quittera après quelques problèmes pour lancer Aftermath.
Il sort son album « Dre Dre presents The Aftermath ». En 1999, il lance un nouvel album «2001».
Dre Dre est considéré aujourd'hui par comme un des principaux personnages de la scène rap internationale.
# Posté le jeudi 13 octobre 2005 15:53
Modifié le jeudi 14 juin 2007 02:32

Fonky Family ...

Fonky Family ...
La Fonky Family est née à Marseille un certain 3 décembre 1994, date de formation officielle du groupe. Ils se sont produit sur scène pendant 4 ans (d'abord locales puis dans toute la France), s'est illustré en 1995 sur l'album solo d'Akhenaton avec le titre "Bad Boys de Marseille", avant de rentrer en studio pour son premier album. Dans les trois ans qui ont suivi la sortie, la F.F. de Mars n'a pas chômé. Le groupe - moyenne d'âge 25 ans, "des gars plus vrais que nature, ce côté pieds sur terre et à la fois immature" - part à la rencontre de son public en France et dans les pays francophones: une tournée sold-out de 50 dates qui passe par l'Olympia, les Francofolies de Montréal, le festival de Montreux, et bien sûr 2 soirs à l'Espace Julien de Marseille.

Janvier 98, l'alerte est donnée, la scène rap s'ébranle avec "Si Dieu veut", premier album de la Fonky Family. Les sept membres du clan phocéen "soudés à la vie à la mort" ne laissent personne indifférent. "Si Dieu veut " atteint le double disque d'or (200 000 exemplaires) 2 ans après sa sortie.

Le EP qui suit en 1999, "Hors Série volume 1" (lui ausssi disque d'or) regroupe titres live et nouvelles compositions, et témoigne de leur énergie sur scène. Les membres de la F.F. sont sollicités pour de nombreux featurings, ensemble ou en solo ils participent à toutes sortes de projets (BOF, compilations, albums, maxis, singles...).

Le succès du groupe n'entame en rien sa détermination et sa rage. Ne change rien non plus au mode de vie ou de pensée de ces francs-tireurs du verbe et du son. "S'assumer en vivant de sa passion, c'est mortel, peu de gens arrivent à le faire de nos jours, on est des privilégiés à ce niveau là. Mais on n'est qu'en cours de route. On regarde devant, même si tout ce qu'on a vécu, c'est gravé en nous, on ne pourra plus jamais s'en défaire. L'argent qui peut arriver, ou le regard des autres qui change, ça c'est la vie, mais avant tout on reste ce qu'on est”.

Attendue au tournant du second album, la F.F. poursuit donc sa croisade, avec ce second album "Art De Rue" signé chez SMALL. Et s'il fait preuve d'une maturité acquise à force de travail et d'expérience, la furie et la foi qui animaient "Si Dieu Veut" marquent toujours cet "Art De Rue". C'est indéniable, le clan a encore progressé techniquement, et confirme son obstination à enchaîner lyrics ultra réalistes et formules incisives posés sur des fonds sonores bien distinctifs. La sincérité semble bien le maître mot de l'album, qui arrive quelques mois après la sortie de l'opus solo du Rat Luciano "Mode De Vie – Béton Style". On y retrouve l'ingénieur du son Mario Rodriguez (Mobb Deep, Mary J Blige, LL Cool J...) déjà présent sur "Si Dieu Veut".

"Art De Rue" a une signification particulière pour le groupe. Ce morceau qui a donné son nom à l'album rend hommage au hip-hop, à ses disciplines moins souvent mises en avant, et à ses partisans. Logique, puisque les membres de la F.F., aux styles et personnalités bien différentes, ont grandi avec depuis leur adolescence. Le hip-hop, ils le vivent, le ressentent, le respirent. "C'est un besoin, ça ne s'explique pas, c'est une drogue, on y a goûté, ça nous a plu et maintenant on en redemande, on est nos propres dealers...”

Tour à tour contestataire, provocatrice ou attachante, la Section Nique Tout évoque son quotidien et la rue de façon plus posée, en affûtant les mots et leurs sons. "On est à l'image de la vie, entre deux feux. Nos vies, elle ne sont ni pourries, ni joyeuses, mais c'est un mix des deux" dira la F.F. Et si la thématique demeure constante depuis "Si Dieu Veut", c'est bien que leur vie n'a pas changé et reflète leur monde cru. Hommage aux proches ("Les miens m'ont dit"), ou ode à la nuit ("Tonight"), prendre le micro n'est jamais un acte gratuit pour la F.F. Sa force est de parvenir à mélanger mélancolie, rage, humour et espoir.

Musicalement, l'album repousse plus loin les frontières du genre. Pone sculpte des sonorités différentes et novatrices, aux effets lancinants avec un côté minimal et entêtant, et aux influences eighties. DJ Djel déploie avec brio toute sa dextérité en matière de scratchs, composant même un titre (le freestyle final), le Rat Luciano en signe cinq. "Il y a toujours un son F.F., ce qui fait que ça se ressemble, même si les tempos se sont accélérés, parce qu'on voulait un truc qui prenne les gens. On essaye plutôt de surprendre."

On notera des featurings issus du clan: Troisième Oeil, Costello, Le Venin, "des gens qui ont toujours été là, depuis le début de l'aventure de la Fonky Family" et Faby, pour les choeurs féminins.

Mais laissons-leur le mot de la fin: "Pour vraiment comprendre F.F., il faut écouter l'album, il y a plein de morceaux qui ont des touches et des couleurs différentes, ils dégagent tous quelque chose de particulier. On fait de la musique pour prendre notre pied, et puis ça donne ce que ça donne. A l'arrivée, on n'a pas des morceaux de 3 minutes 40 bien structurés avec des refrains qui ressemblent d'ores et déjà à des singles, on ne travaille pas dans cette optique là."


Parole de la chanson . ( Les miens m'ont dit ) . Que je dedie a C.

Les miens m'ont dis
Dédié a tous ceux qui nous ont quitté trop tot, a tous ceux qui nous manquent si cruellement, t'as la vie devant toi, t'es libre, c'est plus la cas de tous,
j'suis là, c'est pour mes gars qui ne sont pas libre, vendeur de drogue manieur de calibre ils m'ont dit "mec accroche toi, faut que t'y arrive, si on avait ta chance on se gênerait pas, on resterais pas en bas du bloc, la on se les gèlerais pas, a guette

r les client spôur des morceaux à 10 ou à 5, les memes qui renseignent et se plaignent que tu serres pas assez, quand ils tombent, c'est plus du aux balances, quelle intelligence xxxxxxxx ou même la faute à pas de chance, c'est pour mon grand frère que j'

ai connu au travers de ses lettres, il m'a dit, "le shit et l'alcool, tu verra y a pas à connaître, maintenant t'es l'homme de la maison soit fort dans ta tête, mais à trop pleurer, fait pas couler plus de larmes sur ses pommettes, lui s'en souviens peut
être pas mais moi si, a l'époque lui devais en avoir 22 et moi 6, à 25 je rappe comme je respire; ces rues sans amour, ce que la vie m'inspire, ce qui se passe autour,
t'as la vie devant toi, t'es libre et c'est plus le cas de tous ;
montre qui tu es même seul contre tous,
continue d'y croire au fond du gouffre,
puise en toi les ressources pour avancer en fin de course et à bout de souffle,
Les gars m'ont dit "même si tu perds tes mains, pour écrire tes textes et enfiler es textiles, y aura toujours les tiens. Si tu deviens muet, on exprimera ces choses à ta place, pourquoi, parce qu'on fait parti de la même classe, même si t'y voit plus, t'

aura les idées, et nous on sera présents pour te guider, histoire que tu puisse représenter et te vider, et si je meurt, la relève fera ce qu'il faut, que tu m'est reparlé ou pas, avant que je crève je ferais ce qu'il faut, toujours avec fermeté, je suis
contre le pouvoir et la flicaille, t'as cas les alerter, je connais pas le recette pour te causer par télépathie, donc je le fait en studio, lors des vraies parties, mes potes me parlent, me disent des trucs, de genre faut pas qu'on cesse ou qu'on truque,
des fois, ça va plus loin, mais là ça ne concerne que nous, sinon dans l'ensemble on pense et agit comme vous,

C'est l'hymne que j'écris
c'est la vie que je décris néanmoins

tu sais quoi, les miens m'ont dit un tas de trucs dans un tas d'endroit, dans ces rues que j'aime, ils me répètent "luci, reprends toi, n'aie pas la grosse tête, faut rester maître de soi, se rappeler d'où on vient, faire les bons choix, les miens autant
les uns que les autres je les aime et je suis sur que ma vie sans eux ne serais pas la même ;car lors des moments de joie ou de peine, ce qu'on partage est unique, s'te plait, ne me demande pas que je t'explique!

moi je suis entouré des miens
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 13 octobre 2005 16:09
Modifié le jeudi 14 juin 2007 02:33

Iam ...

Iam ...
Le groupe de rap marseillais IAM est devenu en quelques années une valeur incontournable du paysage musical français. Chaque sortie d'album est un évènement. Ses membres, dont Akhenaton, poursuivent en parallèle des projets personnels maintenant ainsi un équilibre bénéfiqueavec leur entrepise collective.





Pour ces rappeurs originaires des banlieues marseillaises, l'histoire commence vers 1984-85 avec le groupe Lively Crew où l'on trouve Philippe Fragione, qui devra attendre fin 86 son premier voyage à New York pour s'affubler de son premier surnom Chill et Eric qui deviendra Kheops dans la formation d'IAM. En 1988, quand arrive Geoffroy Mussard dit Shurik'n, ils deviennent le B Boys Stance. Pascal qui est bassiste et batteur avant de sampler (échantilloner), fréquente la bande. Il faut attendre l'année suivante pour voir arriver les dernières recrues de ce qui deviendra le groupe IAM : Pascal donc, qui devient Imhotep, "l'Architecte sonore" et les deux danseurs Malek Sultan et Divin Kephren. Outre les nouveaux arrivants, le groupe se construit autour de références égyptiennes et extrême-orientales, traces de lectures croisées des albums de bandes dessinées d'Alix et des ouvrages de Cheikh Anta Diop, l'historien anthropologue linguiste sénégalais.


Le rap du sud remonte à Paris

En 1989, ils enregistrent sur un magnétophone "quatre pistes", la cassette "Concept". Malgré un tirage limité, l'écho est plus que satisfaisant : le rap du sud prend forme et remonte jusqu'à Paris. En juin 90, ils signent avec "Labelle noir", le label qui sert de "tête chercheuse" à la maison de disques Virgin.

En 1991, sort leur premier album "De la planète Mars". Ils en vendent environ 100.000 exemplaires. Trois simples en seront extraits "Red black & green", "Tam Tam de l'Afrique" et "Planète Mars". Cet album s'impose comme une des plus grandes réussites de la scène rap française encore très jeune à cette époque. Les origines du groupe confèrent à leur rap une spécificité qui en cassant le cliché marseillais "Fernandel-pétanque-pastis", donnent d'autant plus de force et d'intérêt à cet album engendré loin de Paris.

Le 3 juillet 90, ils ouvrent le concert de Madonna à Bercy, la plus grande salle parisienne. Depuis, ils ont fait les premières parties de Public Enemy, Rita Mitsouko, James Brown ou Touré Kunda.


On danse le Mia

Deux ans et demi après leur premier album, ils reviennent avec un disque d'une quarantaine de titres "Ombre est lumière". Cet album navigue entre actualité et mythologie, entre textes engagés et parodies comme "Le Mia". Enorme succès en France, ce titre se moque sur un rythme funk et avec humour, des frimeurs du samedi soir. Leur succès et leur notoriété au niveau national en font un des groupes phares de la génération montante. En février 1995, ils sont élus groupe de l'année par les Victoires de la Musique. La même année, ils participent au projet lancé par le cinéaste français Mathieu Kassovitz à l'occasion de la sortie de son film "La Haine". Sur un même disque, différents groupes de rap interprètent des titres liés au thème du film soit la police et la banlieue. Le titre d'IAM s'intitule "La 25ème image".

Après les longues tournées de promotion du dernier album, le groupe décide de faire une pause et de prendre du recul. A cette occasion, en 95, le chanteur Chill, devenu Akhénaton, sort un album solo, "Métèque et mat", un album très personnel où l'humour est manié avec une verve toute méridionale et où le rappeur nous fait découvrir son univers.


IAM, leader d'un mouvement marseillais

Deux ans après, sort "l'Ecole du Micro d'argent", nouvel album du groupe IAM, enregistré à New York puis réenregistré à Paris avec la collaboration de Prince Charles, célèbre producteur de Harlem. Le discours est épuré. L'injustice sociale et la dureté du monde sont dépeints à l'aide de mini-récits teintés d'une poésie sombre. Le titre de l'album vient aussi du fait que le groupe IAM entraîne dans son sillage la formation de nombreux groupes de la région marseillaise et qu'il tente de les aider à émerger. Finalement, quelques 300.000 exemplaires sont vendus, ce qui constitue un événement pour un album de rap.

En 1997, le groupe participe à un projet toujours très lié aux problèmes des banlieues françaises (police, racisme, violence, chômage). Avec d'autres groupes de rap français (Assassin, Ménélik, Ministère Amer, Fabe,...), ils enregistrent un titre au profit de l'association MIB (Mouvement de l'Immigration et des Banlieues), qui s'intitule "11 mn 30 contre les lois racistes".

Aux Francofolies de la Rochelle, en juillet 97, le groupe donne un concert entouré de nombreux autres groupes marseillais souvent inconnus mais à qui IAM souhaite faire profiter de sa renommée.

Alors que l'album s'est déjà vendu à 500.000 exemplaires, IAM joue à guichets fermés sur la scène parisienne du Zénith le 2 décembre 97. Suit une tournée française. Le 20 février 98, le groupe reçoit la Victoire de la Musique du meilleur album de l'année. Et dans la foulée, ils retrouvent le Zénith pour deux soirées les 21 et 22 avril 98.

Rap en Solo

Après le succès de l'album d'Akhénaton en 95, c'est au tour de Kheops de sortir sa production solo en mars 98 avec "Sad Hill" et de Shurik'n fin mai avec "Où je vis". Puis enfin, Imhotep sort le sien le 12 juin, "Blue Print". Mais c'est de loin, Shurik'n qui emporte le plus de succès et culmine en quelques semaines dans les meilleures ventes.

Toujours imprévisible, IAM sort en simple le titre inédit "Independenza" sur le thème de l'indépendance culturelle. Ce morceau est ajouté en 98, lors du nouveau pressage de l'album "l'Ecole du Micro d'argent". En février 99, deux membres du groupe, Akhenaton et Kheops reçoivent la Victoire de la Musique pour la meilleure Bande Originale de l'année avec le film "Taxi".

Puis, toujours en 99, nouvel album solo, cette fois pour Malek Sultan alias "Freeman". L'album, "L'Palais de justice", confirme l'incroyable potentiel de créativité de chacun des membres du groupe.

Un an plus tard, au printemps 2000, Akhenaton revient sur l'avant-scène musicale mais aussi cinématographique, en réalisant son premier film, "Comme un aimant", véritable prolongation cinématographique de son travail. Le film, qui traite de la vie des quartiers défavorisés de Marseille, sort le 31 mai et reçoit un accueil très mitigé. La bande originale est signée bien sûr Akhenaton mais aussi du compositeur de musiques de films, Bruno Coulais.

Toujours en solo, Kheops ressort un deuxième album à la même époque, "Sad Hill impact". A l'automne 2000, Akhenaton se lance dans l'électronique avec son album "Electro Cypher", hommage à l'électro funk. Puis, le 14 novembre, c'est Shurik'n et son frère Faf la Rage qui sortent "La Garde".

Un printemps après l'été

Depuis le dernier opus d'IAM, ses membres ont sorti à eux tous, une dizaine d'albums solo. Forts de ces expériences personnelles, ils se sentent prêts à se retrouver pour l'enregistrement d'un disque du collectif. Conçu entre Marseille, Paris et New York, "Revoir un printemps" sort le 16 septembre 2003. Il est précédé du simple "Noble art" sur lequel on trouve les feeturings (de luxe) des rappeurs américains RedMan et MethodMan.

Les titres de "Revoir un printemps" ont été conçus dans une période comprise entre le 11 septembre 2001 (explosion des tours du Word Trade Center à New York) et la guerre en Irak (mars/avril 2003),avec dans l'intervalle,le 21 avril 2002 (deuxième tour des élections présidentielles en France). Très marqués par la conjoncture internationale et par les mutations de la société française, Akhenaton, Shurik'n, Kheops et Freeman qui cette fois-ci, sort de son rôle de breaker/danseur pour intégrer le groupe comme MC, proposent un disque dans son ensemble plutôt sombre. Bruno Coulais qui a déjà travaillé avec Akhenaton sur "Comme un aimant", vient apporter aux arrangements une touche particulière, avec l'introduction de cordes. On peut aussi compter la présence de Beyoncé de Destiny's Child sur le titre "Bienvenue". Très attendu, cet album relance l'histoire du plusconnu des groupes de rap français.

En février 2004, le groupe marseillais sort un DVD "Au coeur d'IAM : genèse d'un album". Le disque propose un documentaire d'1h30, sorte de caméra embarquée dans la conception et la réalisation du cinquième opus du posse. Le DVD a aussi pour objectif de faire patienter le public d'AKH, Shurik'n, Freeman & consorts avant une tournée exceptionnelle.

Le "Stratégie tour" est lancé au même moment que la sortie du simple "Stratégie d'un pion", début juin 2004. Cette tournée marque surtout le retour du groupe sur scène après sept années d'absence. Solidays, les Francofolies de La Rochelle, les Vieilles Charrues, le Canada, la Suisse, l'Allemagne, le rap Marseillais parcourt, flow aiguisé et micro au poing, les salles francophiles du monde entier.

*

Groupe symbole d'une Marseille multi-culturelle, les rappeurs phocéens mêlent dans leurs titres, particulièrement bien écrits, humour, amertume et critique sociale. Ils chantent pour réhabiliter leur cité et pour combattre le racisme.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 13 octobre 2005 16:24